Rencontre avec Barbara Luna

Après le lancement de son album, ‘Route 3’, Barbara Luna a eu une année très enrichissante. Des concerts, des rencontres, des voyages, qui placent toujours cette Argentine citoyenne du monde sous le signe du voyage intérieur
"La route 3 va de Buenos Aires jusqu’au fin fond de la Patagonie ... J’ai fait cette route à plusieurs reprises et lorsque l’on plonge dans ce voyage, dans l’immensité de ces paysages, on se retourne vers soi même"
Barbara, notre dernier entretien date d’il y a un an. Quel est le bilan de cette période ?
Après notre dernière rencontre, nous avons présenté notre dernier album, ‘Route 3’, sous la direction musicale de Raul Paz, au New Morning. Cela a été un succès, et nous avons eu une très bonne critique. Ensuite, nous sommes partis en tournée, juste avant la sortie sur le marché de notre CD. Nous sommes allés en Australie, dans les villes de Melbourne, Adelaïde, Brisbane et Sydney, dans le but de promouvoir notre album. Nous avons continué notre tournée en Grèce, où nous sommes restés une quinzaine de jours, dont neuf à Athènes.
Es-tu satisfaite de ce démarrage de ‘Route 3’ ?
Pendant la tournée, la critique a très bien accueilli l’album. Deux des titres du CD, ‘Historias de mi barrrio’ et ‘Little boy’, font maintenant partie d’une compilation grecque de musiques du monde.
Par ailleurs, la Mexicaine Kenny et Los Eléctricos nous ont contactés pour enregistrer avec eux deux chansons de ‘Route 3’. De même, je suis allée en Argentine, dans le but de lancer l’album là-bas cette année, et de me produire. A mon retour, j’ai chanté à La Rochelle, dans le cadre du festival automne-hiver de l’association Mundo melodia. Donc j’ai eu une année assez chargée, très positive dans son ensemble.
Est-ce que ces expériences ont marqué ton travail d’aujourd’hui ?
Disons que je vais un peu plus loin, par rapport à l’année précédente. Avant cet album, j’étais à la recherche de mon identité artistique. Je me posais des questions : qui est Barbara, qu’est-ce qu’elle a à dire et comment elle va le dire, sans laisser de côté mes influences argentines et latino-américaines. Je crois que dans cet album je dépasse ces influences, que ce soit du jazz, de la pop ou de la musique argentine, en particulier de la milonga. Maintenant, je crois qu’il s’agit de la milonga de Barbara ou de la chanson de Barbara. Je sens ce disque de cette façon. Comme me disais quelqu’un, dans quelques titres de ‘Route 3’ on sent La Havane ou Buenos Aires mais, à vrai dire, ce n’est ni l’un ni l’autre. C’est Barbara, tout court.
Je suis très contente de cet album parce que nous avons fait un joli travail avec Raul Paz. Il est rentré dans mon univers avec beaucoup de force. Pour cela, il a beaucoup joué la guitare avec moi, en essayant de me comprendre, ainsi que ma musique. Il voulait comprendre comment j’étais arrivée là. C’est à ce moment là que l’on a travaillé les arrangements musicaux. Cela a été un travail d’ensemble. Raul a su me guider sans imposer sa vision de la musique. Cela a été très beau parce que ce n’est pas Barbara vue par Raul Paz. Tout au contraire, c’est lui qui est rentré dans mon monde et, à travers sa vision de Barbara, nos deux chemins se sont croisés.
Est-ce qu’il y a un titre de ‘Route 3’ que tu aimes particulièrement ?
Oui, ‘Historias de mi barrio’. J’aime me perdre dans les rues de ma ville, dans un total anonymat, comme un fantôme, pour observer les gens. Et l’on se rend compte que, à la limite, tout le monde est à la recherche de la même chose : nous ressentons tous les mêmes souffrances et les mêmes joies. Dans cette chanson, s’entrecroisent beaucoup d’histoires, tant fausses, imaginaires, que vraies, réelles. Dans ‘Historias de mi barrio’ il y a une touche satyrique, je me demande où vont toutes ces histoires, toutes ces promesses qui n’ont pas pu aboutir. C’est une chanson qui reflète la vie quotidienne.
Quels sont tes projets ?
Pour l’instant, j’ai l’intention de sortir ‘Route 3’ en Argentine. La route 3 va de Buenos Aires jusqu’au fin fond de la Patagonie. Elle est le symbole du voyage mais, en même temps, elle représente en quelque sorte les personnes qui ont participé à la création de cet album : moi, d’origine argentine, et Raul Paz qui vient de Cuba ; et nous nous sommes rencontrés grâce à l’intervention d’un Colombien.
J’ai fait cette route à plusieurs reprises et lorsque l’on plonge dans ce voyage, dans l’immensité de ces paysages, on se retourne vers soi même. On a le temps de réfléchir. L’album est donc un peu le reflet d’un parcours, de mon parcours, de mes années de voyage, des années où j’ai vécu dans un pays autre que le mien.
A part cela, je suis en train de préparer un nouvel album. J’ai déjà quelques compositions, celles que je n’ai pas pu inclure dans ‘Route 3’. Elles sont prêtes. Parallèlement, je suis en train de composer d’autres.
Quand est-ce que ce nouvel album va paraître ?
Je ne sais pas encore, mais peut-être dans un an.



